
Pour faciliter la navigation entre tous les articles de blog, je vous conseille fortement de cliquer sur la flèche ci-dessous ("tout") afin d'afficher le menu déroulant et de choisir la catégorie qui vous intéresse :
Interventions et conférences
Dédicaces
Prix et distinctions
Témoignages
La presse en parle
Actualités
Coulisses de l'écriture
Billets d'humour
Certaines de ces rubriques ne sont pas encore alimentées (ou faiblement). Je fais mon possible pour les compléter rapidement. Merci pour votre patience.
Du cœur à l'écrit : quand la fiction révèle la réalité du harcèlement
Ce fut une matinée incroyablement riche en émotions et en discussions constructives. J'ai eu le privilège d'intervenir dans un collège en Meuse pour parler du harcèlement en utilisant mon roman, Le Royaume de Séraphin - Tome 1 comme point de départ.
Après avoir partagé le premier chapitre, qui met en scène un personnage confronté à une détresse profonde, nous avons plongé dans la réalité qui a inspiré cette histoire.
---
Mon fils, mon inspiration : TDAH et les cicatrices invisibles
Je l'ai expliqué aux élèves : derrière le personnage de Dimitri se cache l'expérience très personnelle de mon fils. Atteint d'un TDAH (Trouble Déficitaire de l'Attention avec ou sans Hyperactivité), il a été la cible de moqueries et de comportements blessants à plusieurs reprises et dans divers contextes.
C'est là que réside la vérité la plus troublante que j'ai partagée : il n'y a jamais eu de "harceleur" unique et désigné.
La souffrance de mon fils a été la somme de multiples petites moqueries, de regards insistants, de petits coups portés par différentes personnes, à différents moments. C'est la répétition et la banalisation de ces petites méchancetés qui, mises bout à bout, créent un climat de harcèlement insidieux et dévastateur.
> Une moquerie isolée n'est rien, mais cinquante moqueries de cinquante personnes différentes créent un drame.
Contrairement au personnage de mon livre, mon fils n'a pas tenté de mettre fin à ses jours. Pourquoi ? Grâce à l'écoute, à l'intervention précoce, et à une réaction collective. Mais surtout, grâce à la compréhension que ces petits riens étaient en réalité un tout énorme et menaçant.
---
Le jeu de rôle : quand chacun prend sa place
Le moment le plus fort de cette matinée fut sans doute le jeu de rôle que j'ai mis en place.
Ce jeu a permis aux élèves de se glisser dans la peau de l'autre : la victime, bien sûr, mais aussi le témoin passif, le parent qui soutient ou pas son enfant, et même celui qui a proféré la "petite" moquerie sans intention de nuire.
C'est en expérimentant ces rôles que nous avons pu décortiquer l'effet de groupe qui peut faire basculer une vie, ou, invesement, en sauver une.
Chaque rire, chaque soutien implicite ou explicite donné à celui qui se moque fait augmenter sa confiance en lui, encourage l'agresseur, et rend ses attaques plus violentes. Simultanément, la confiance en elle de la victime chute d'autant plus vite, la faisant sombrer dans l'isolement et la détresse.
C'est ainsi qu'ils ont pu comprendre concrètement que :
- La victime porte seule le poids de ces multiples agressions.
- Le témoin (l'ami, le camarade de classe) détient souvent le pouvoir de stopper la spirale par une simple prise de parole.
- Celui qui fait du mal (sans se considérer comme harceleur) doit prendre conscience de l'impact réel de ses mots.
Dans la lutte contre le harcèlement, l'enjeu n'est pas de trouver un unique coupable, mais de reconnaître que tout le monde a un rôle à jouer : les enfants, les parents, les enseignants, l'institution publique, et même la justice.
Mon objectif n'est pas de distribuer des blâmes, mais des responsabilités collectives pour garantir que l'école reste un lieu d'épanouissement.
---
Le message du royaume de Séraphin
Le Royaume de Séraphin est une histoire de résilience. C'est un cri pour dire que, face à la détresse, il y a toujours une sortie, même si le chemin est long.
J'espère que les élèves d'aujourd'hui, en refermant la porte du collège, se rappelleront de cette vérité : ce sont les petites actions positives de chacun qui peuvent éviter les grands drames.
Merci à l'établissement pour m'avoir ouvert ses portes et permis de transformer la douleur en un message d'espoir et d'action.
---
Avez-vous déjà été témoin d'un "petit" harcèlement qui, selon vous, aurait pu dégénérer ? Partagez vos réflexions en commentaire !*
Droit d'auteur : © 2021 - 2025 Mélodie Ducoeur